Thierry Froment, 48 ans, nous explique pourquoi et comment il s’est impliqué dans une action Sociale et solidaire avec l’association Elia en réalisant des actions dans le cadre de la RSE, depuis 4 ans avec la société FG Medias, qu'il à fondée en 2011. Entrepreneur depuis 1998, dans le milieu de l’audiovisuel, un dispositif studio Web TV à Sophia Antipolis, il réalise des webinars multi-caméras. Mais aussi des émissions télévisuelles de plus grande ampleur qui passe sur les chaînes de la TNT. Thierry Froment a participé au succès de l’émission HighSide, la seule émission Française 100% moto sur le territoire. Aujourd’hui il est installé dans la zone industrielle des Bois de Grasse, dans un centre d’affaires « Le Cube ».

Vous êtes un entrepreneur.
Qu’est-ce qui vous a convaincu de faire de la RSE ?

La RSE ou Responsabilité sociétale des entreprises, s’est invitée dans ma vie d’entrepreneur à travers la rencontre d'une association de plusieurs femmes qui m’ont exposé leurs projets de recyclerie dans la région des Alpes-Maritimes. Elles n'ont pas dû argumenter bien longtemps. J’ai très vite compris les tenants et les aboutissants d’une telle démarche. Mais c’est surtout leur vision qui m’intéressait. Si le milieu associatif est une ressource essentielle dans la vie économique d’un pays, le manque de moyens financiers le plonge dans une formule « à la baisse » du montage des projets. Les filles qui étaient devant moi avaient la ferme intention de faire de leur association une entreprise qui compte sur un territoire. Si l’action RSE n’était qu’un terme inconnu pour moi à l’époque, il est devenu rapidement une autre façon de penser mes idées sur la vie, ma façon d’entreprendre aussi.

Vous parlez de vision. Le mot n’est il pas trop fort ?

Je fait le distingo entre le leadership et l’aspect visionnaire des idées d’une personne. L’économie sociale et solidaire n’est pas juste une idée à exploiter. C’est une vision de ce que nous devons construire pour mieux fonctionner ensemble. Et encore plus pour nos enfants. Plus jeune j’ai vu avec mes yeux d’adolescent, l’avènement du «biologique» dans les années 80. C’est une poignée d'individus qui comptaient bien faire comprendre au plus grand nombre qu’il fallait arrêter de consommer des fruits et des légumes traités aux pesticides et revenir au plus « naturel ». Ils étaient pris pour des illuminés, des beatniks et pourtant… Regardez l’impact et le retour au naturel en général aujourd’hui dans l’esprit collectif. Ce projet de recyclerie résonnait en moi, je ne pouvais plus rester dans l’inaction. Une réelle influence est sur le point de changer les mentalités durablement. Est-ce un retour en arrière ? Pas forcément. C’est une autre façon de voir comment revenir à nos essentiels dans le respect de nos ressources. Ca me parle, je suis conscient de mon environnement qui souffre. Il suffit de regarder autour de soi avec les yeux bien ouverts. Etre conscient et rester dans l’inaction devient un délit intellectuel. Ressourcer, recycler transformera l’économie avec le temps. Nous n’avons pas le choix. L’économie circulaire doit balayer l’économie linéaire.

Comment vous impliquez-vous dans cette action ?

En fournissant de l’attention, du temps, des ressources en matériel de communication et en offrant mes services de réalisation audiovisuelle. J’ai donc aidé ce groupe en m’impliquant dans ses projets. L'association Elia est née. Il fallait une identité visuelle, de la visibilité à travers les réseaux sociaux et un site internet. Un suivi des actions en vidéo. Je me suis mis au travail et j’ai sollicité l’aide d’autres partenaires comme l’équipe de SeoSamba avec Christophe Clavel, qui nous a permis de monter un site internet sur sa plate-forme sans verser la moindre somme d’argent. Le business social est une autre façon de mettre son entreprise en avant. Chacun s’y retrouve. Je pense même que chaque entrepreneur devrait en avoir conscience. C’est la solidarité liée au réseautage qui nous sortira de l’individualisme provoqué par les idées capitalistes de notre société en Europe. Je me rappelle que lorsque j’en ai parlé à mon équipe la première fois, ils n'assimilaient pas forcément la teneur de mes propos. Personne ne comprenait vraiment mon intention ni son rôle véritable dans cette réflexion. J’avais l’impression d’être un extra-terrestre devant ma propre équipe. Et s'ils m’ont suivi en avalisant mes idées, ils sont entrés dans l’action avec moi près de 2 ans plus tard. C’est vous dire si le sujet était difficile à aborder.

Concrètement qu’avez-vous apporté à l’association ?

thierry froment grueComme je vous l’ai dit, par l’élaboration du logo de l’association, celui de la recyclerie « les Fées Contraires», mais aussi ma participation aux réunions de coordination. Notamment pour élaborer les nombreux supports de présentation de la vision et du projet aux différentes collectivités territoriales. Une bonne infographie vaut plus que des supports remplis de longue phrases indigestes. Lorsque j’en avais l’occasion, je les assistais techniquement lors des présentations aux élus. Il a fallu créer des médias pour alimenter le site internet. Nous avons élaboré celui-ci à partir de rien, juste avec nos idées liées aux événements que nous vivions sur le moment. Un voyage en Suède qu’il a fallu monter en vidéo. Je n’ai pas pu m’y rendre mais les filles ont filmé et ont pris des photos sans être des professionnelles. Plus tard j’ai pu les accompagner en Italie au centre de San Patrignano ou j’ai appris sur le terrain à faire mon premier documentaire. J’y ai appris par l’essai/erreur techniquement. J’avais une envie folle de le faire. Un forme de dépassement de soi en sortant de ma zone de confort. Rien que pour ca, participer m’intéressait. Nous avons doublé les films en Anglais mais aussi en Suédois pour certains. Des reportages ont été faits sur d’autres actions. J’ai investi dans du matériel depuis, fort de cette expérience pour améliorer mon travail de vidéaste reporter. Depuis je me suis encore enrichi et je me suis lancé dans la réalisation en participant au Nikon Festival et en finissant 285e sur plus de 1000 participants.


Il y a aussi le recyclage des fûts Kraft qui ont été une source d’inspiration énorme pour ELIA comme pour moi et mon équipe. En parallèle de la création d'une filière d'élimination de fûts, Il fallait réhabiliter ces déchets propres issus du monde de l’industrie de la parfumerie pour favoriser la sensibilisation du public en transformant des fûts en carton en toute sorte d’objets, passant des corbeilles de tri pour les entreprises à la boîte à chat, la boîte à chapeau, le mange-debout, et des centaines d’autres idées. Et puis la formation sur les différents supports numériques pour assurer la continuité de notre travail. Nous nous sommes vraiment impliqués dans l’aventure. Slide 03

Qui recycle ? Comment sont collectés les objets ?

C’est là que le projet prend une dimension sociale importante. Il s’agit de fournir du travail à des personnes en réinsertion d’emploi, et pourquoi pas à d’anciens détenus qui cherchent à refaire leur vie en se réinsérant. La recyclerie prend vraiment tout son sens économiquement mais aussi socialement. Les nombreux aspects du projet pourraient faire l’objet d’un article de plusieurs pages. Les idées ne manquent pas. Le modèle a été inspiré par l’Entreprise Sociale Basta, en Suède. C’est véritablement un modèle économique qui pourrait devenir une source d’emplois incroyable. Je pense même que cela pourrait devenir une des économies phares dans les décennies à venir. L’Italie et la Suède font ça depuis près de 40 ans. Des exemples à suivre. Et surtout avec une méthodologie et des approches complètement innovantes politiquement parlant. C’est bon pour notre planète, pour les individus et en plus c’est rentable économiquement. Mais dans un véritable esprit collectif. La grande difficulté réside dans cet aspect. Le mot magique est « collectif ».

Est-ce enfoncer une porte ouverte
que de vous demander si cela vous apporte de la satisfaction ?

Le mot est très juste. Je retire beaucoup de satisfaction professionnelle et personnelle en tant que personne humaine. C’est un devoir de citoyen pour moi. Je vais avoir 48 ans et depuis que je suis môme, on m’explique qu’il faut trier ses déchets. Ce n’est pas pour autant que c’est entré dans l’esprit collectif comme une action simple du quotidien pour tout un chacun. Et pourtant une volonté politique forte nous montre de magnifiques résultats. Je pense à la ville de San Francisco qui est un véritable exemple de réussite dans ce domaine. L’esprit collectif doit supplanter l’intérêt d’un seul. C’est bien ensemble et en coordination que nous pourrons changer des mauvaises habitudes. Ce n’est plus une option. L’année 2015 est la plus chaude depuis que l’homme relève des températures pour faire des prévisions météorologiques. Des associations comme Elia ou Soli-Cités sont des exemples à suivre. Les entrepreneurs doivent soutenir et aider ces actions. Les politiques doivent aller plus loin, plus vite et mobiliser l’opinion publique. Pour ma part je ne compte pas m’arrêter là. J’ai découvert des lieux et des gens qui sont en marche. Ce n’est pas pour rien que des documentaires comme le film « Demain » ont reçu un Oscar. Il y a un véritable mouvement dans lequel je souhaite m’inscrire. C’est une forme de don de soi. Je ne veux plus juste regarder devant ma télévision et commenter. L’attentisme tuera nos enfants.

C’est une question de volonté progressiste. J’en suis. Un devoir d’humain moderne.

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